Abandon des îles : l’insultante chronique d’Alexandre Adler

EDITORIAL. Monsieur Alexandre Adler a proposé une chronique pour le moins surprenante sur France Culture. Diffusée le 15 mai dernier, le discours tente d’instrumentaliser une certaine histoire, notamment celle du French Shore et du Référendum sur la Confédération à Terre-Neuve, pour émettre une hypothèse anticonstitutionnelle : celle de l’abandon de la souveraineté française des îles et son intégration au Canada.

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Après une brève esquisse de l’histoire des îles, notamment son importance dans la pêche métropolitaine, M. Adler démontre une méconnaissance phénoménale des évènements qui ont entouré la question du plateau continental. Sa connaissance de l’histoire de Terre-Neuve est tout aussi pitoyable.

Ignorant le fait que l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon tente par tous les moyens une reconversion économique, notamment par un accès éventuel aux ressources naturelles du plateau continental, M. Adler se cantonne à la question de la pêche, arguant de plus que les lois Européennes ne facilitent pas l’activité de ce secteur. Cette dernière affirmation ne semble pas tenir compte de la nature spécifique des PTOM dans le contexte européen. Qu’importe, M. Adler n’est plus à une bourde près.

Cherchant désespérément à trouver un parallèle historique qui pourrait conforter ses thèses qu’il qualifie de « pragmatiques », M. Adler nous tient un discours révisionniste sur l’histoire de Terre-Neuve.

« Il y a le précédent en 1948, quand la Grande-Bretagne a donné le choix à Terre-Neuve (…) de rejoindre le Canada, les Etats-Unis ou de rester territoire associé à Londres. [...] Les Terre-Neuviens votèrent massivement pour le Canada. »

Non seulement il n’y a pas eu UN référendum en 1948 à Terre-Neuve, mais deux référendums successifs, le résultat des urnes fut loin d’être massif (52,3 % des voix). Autre erreur, il ne fut jamais question d’un rattachement aux Etats-Unis lors de ces scrutins. De surcroît, l’initiative ne vint pas de la Grande-Bretagne mais du gouvernement Smallwood avec l’approbation de Londres.

Qu’importe si M. Adler démontre une si mauvaise connaissance de l’histoire de Terre-Neuve, l’objectif de sa chronique ne se résume qu’à une proposition pour le moins insultante pour tous les habitants de l’archipel : l’abandon de la souveraineté Française sur nos îles et notre rattachement éventuel au Canada, notamment le Québec qui garantirait notre nature « francophone ». Aussi bien rejoindre de Royaume de Belgique ! Dans l’immédiat, cette honteuse petite chronique fait les choux gras de la presse québécoise (Le Devoir). Merci Brutus.

Marc A. Cormier

14 réponses to “Abandon des îles : l’insultante chronique d’Alexandre Adler”

  1. Je témoigne de mon soutien aux habitants de l’archipel.
    Les commentaires de monsieur Adler (d’habitude très cultivé !)sont consternants.
    L’abandon de l’archipel servirait d’exemple aux autres territoires O.M.
    Magnifique méthode répressive (bien à la mode dans beaucoup de domaines)
    La grande majorité des habitants sont biens issus des régions du continent.
    Ces propos n’auraient jamais été tenu durant la prospérité de l’archipel.
    Les difficultés économiques actuelles ne résulterait-elles pas de l’abandon de nos chers politiques en 1992 ?
    Je suis votre actualité par rfo,et espère un jour avoir la possibilité de me rendre sur ce morceau de France.

  2. Soutien d’un continental.
    L’archipel d’après monsieur Adler devrait etre laché pour servir d’exemple répressif aux autres CONFETIS ! La répression est une méthode très pratiquée dans beaucoup de domaines depuis quelque temps,mais là il fallait oser.
    Je ne suis pas un spécialiste de l’archipel,mais il me semble que la population est en majorité constituée de représentants des régions continentales.
    De plus lorsque l’archipel était prospère personne n’a tenu de tels propos.
    Si ce territoire est en difficulté cela est bien imputable a l’abandon bien lache des polititiens en 1992 ?
    Je vous assure de mon soutien,et espère un jour me rendre sur ce bout de France.
    (je suis votre actualité par rfo)

  3. Je découvre ce billet avec retard mais quelque chose m’interpelle…
    Mais si, c’est le même ysengrimus verbeux qui trôllat (excusez le néologisme) un temps sur rue89. Aveuglé par son intellect bien entendu supérieur, son analyse de la situation géopolitique des îles Saint-Pierre et Miquelon est complètement trempé par ses lectures sur la décolonisation en sus de sa francophobie latente. Les îles ne sont pour lui qu’un vague concept sur lequel il étale allègrement sa confiture.
    Enfin, rien de surprenant de la part d’un tenant de thèses complotistes et conspirationnistes (voir l’article sur les complots lunaires – ou lunatiques?). Il ne s’agit pas d’une recherche de la vérité mais une mise en avant effrontée de soi peu importe le fond de la question.

    Pour en savoir plus …
     

  4. Trois petites choses…

    - Tout d’abord, dans « Liberté, Egalité, Fraternité », il y a « Fraternité »… On n’abandonne pas 6000 ou 7000 concitoyens comme si on se débarassait d’un mouchoir en papier !

    - De deux, le canada c’est le 2ème plus grand pays du monde (pour seulement une trentaine de millions d’habitants), il ne manquent pas de place, ni de matières premières. Alors pour quelques km² de mer en moins, ils ne verront même pas la différence !

    De trois :
    - Pourquoi ne pas donner la Guyane au Brésil… Ou encore l’Ile de Ré aux britanniques ? …Ou au plus offrant ?!

    Je pense pas que ce soit dit avec méchanceté, mais c’est juste n’importe quoi :-)
    Interview a vite oublier…

  5. Copie d’un commentaire envoyé à chaud après écoute de la rubrique d’A. Adler à France-Culture : »Au  » francophone » Alexandre Adler à propos de sa chronique sur St Pierre-et Miquelon.
    Monsieur, vous osez parler de courage et de décolonisation le courage de se débarrasser d’un problème et de se débarrasser de quelques français de souche, de culture, de nationalité et de coeur. Bravo !
    Vous osez parler d’une histoire de Terre-Neuve que vous travestissez ou que vous méconnaissez honteusement !
    Vous osez parler de notre avenir assuré par le Canada. Laissez-moi rire !
    Monsieur, de quoi vous mêlez-vous, existons nous si peu à vos yeux que vous vous croyez autorisé à parler en notre nom. 
     
                                  Andrée Lebailly une française née et vivant à St Pierre et Miquelon »

  6. n’importe quoi j’ai honte . st pierre et miquelon doit rester française quel honte .putain de britanique de merde

  7. M. Marc CORMIER,
    Quand vous faite référence à « pourquoi pas un ratachement au royaume de Belgique », je crois que vous avez tout résumé : tout cela ressemble à une blague de mauvais gout dont les belges sont très friand!!! Bravo pour le ton de votre chronique.

  8. Réponse envoyé au forum Soutien au Collectif du plateau continental : C’est ahurissant ! Au nom de quoi ce Monsieur Adler se prononce pour une solution soi-disant « compliquée mais moderne » pour l’avenir des Saint-Pierrais et Miquelonnais ! Cela montre l’ignorance dans laquelle vivent nos compatriotes hexagonaux concernant l’Outre-mer français en Amérique du Nord. Si nos concitoyens de l’archipel veulent toujours rester au sein de la souveraineté nationale, c’est à eux d’opter pour ce choix et non pas à des tiers de s’y prononcer ; bien que ces derniers soient intellectuels, politiciens ou chevaliers de la légion d’honneur. Avec cette gaffe de très mauvais goût, on peut se rendre compte que le statut académique n’empêche pas, hélas, la bêtise humaine. Le Mouvement Amérique Française – Paris 3e arrondissement.

  9. Post envoyé hier à France Culture.
     
    Je décerne le César de la désinformation à Monsieur Adler. Il serait temps qu’il mettre ses pendules à l’heure, et révise sa copie au sujet de St Pierre et Miquelon.
     
    Ce monsieur, est désormais à des années lumière (il nous parle d’un temps que les moins de vingt ans… ect, ect) et prendre connaissance en profondeur du dossier du plateau continental.
     
    C’est grâce, ou plutôt à cause, de raisonnements faciles de ce genre, que la France n’a pas assumé sa souveraineté dans la région, jusqu’à présent. Espérons que cette fois la volonté d’agir soit différente.
     
    La France peut et doit défendre ses droits et les nôtres par la même occasion, comme nous l’avons fait en 14-18 et en 39-45. Elle a su le faire sous d’autres latitudes, pourquoi pas ici ??
     
    Comment réagirait donc cet homme, si nous lui imposions de brader, avec une telle désinvolture, sa propre région  ???

  10. Solution originale  et inédite, dit Le Devoir, pourquoi ne pas parler de solution finale.  Il est toujours possible de faire disparaître une population pour faire disparaître un problème. Ça s’est déjà vu, monsieur Adler le sait bien. 
    Le parallèle historique avec Terre-Neuve est pour le moins approximatif. Nos voisins n’ont pas été rattachés à une Province canadienne, susceptible de la digérer. L’existence même de SPM réside dans sa position de station française dans le golfe du Saint-Laurent. Remettre en cause cette situation historique reviendrait  purement et simplement  à provoquer sa disparition: bonne solution (finale) pour le Canada, suppression d’un souci pour la France  au prix de l’abandon  volontaire d’une partie  du territoire national. La population de SPM est française, elle ne dispose pas pour autant du territoire national, en même temps l’État français ne dispose pas de de la population des îles.
    L’hypothèse Adler n’a donc pas pour but de proposer une solution viable du problème.  En revanche elle établit un objectif clair qui pourrait être atteint de façon plus sournoise.
    J’invite monsieur Adler à venir dans les îles  défendre sa stratégie.

  11. Commentaire rédigé pour le site web du journal québecois, le Devoir.

    « A Monsieur Adler : votre méconnaissance abyssale de l’histoire de Terre-Neuve et de Saint-Pierre et Miquelon ne peuvent que jeter le discrédit sur vos propos. Il n’y a pas eu de référendum à Terre-Neuve pour rejoindre les États-Unis, l’initiative référendaire pro-canadienne venait de M Smallwood et non pas de Londres et le résultat ne fut pas « massif » car il fallut tenir deux référendums successifs ! Qu’importe, votre chronique est non seulement insultante, elle abjecte.

    A nos amis Québécois. Demander aux îles de rejoindre et se fondre dans la masse canadienne est aussi logique que de demander au Canadiens de cesser d’être ce qu’ils sont et de devenir de nouveaux Américains. Prôner un Anschluss canadien est peut être amusant pour certain chroniqueurs et commentateurs ci-bas, mais c’est ignorer l’histoire de notre petit archipel qui a vécu une révolution, trois déportations, deux guerres mondiales âprement battues et un contexte particulier tant au niveau linguistique qu’au niveau politique et culturel. Nous avons des concepts et des idées qui sont insolubles dans la masse canadienne : laïcité et républicanisme pour ne citer qu’eux. « 

  12. Voici le mot que j’ai posté sur le site de France Culture

    Réponse à la chronique de M Adler du 15 mai 2009
    Nous n’avons pas la même vision du courage visiblement …
    Nous sommes français et tenons à le rester et nous ne souhaitons aucunement être rattachés au Canada pour faciliter la vie diplomatique de la France pour laquelle nous nous sommes battus !

  13. Voici copie du courrier électronique que j’ai envoyé sur le site de France Culture :
    « Bonjour,
    J’ai pris connaissance ce jour de la chronique datée du 15 mai d’Alexandre Adler. Jusque là j’avais beaucoup de respect pour lui. Force m’est de reconnaître aujourd’hui que son savoir disparaît derrière sa suffisance. Les propos qu’il tient à l’égard de l’archipel de Saint-Pierre & Miquelon sont le produit d’une analyse sommaire et d’une méconnaissance de l’Amérique du nord, notamment de l’histoire de la présence française dans cette partie du monde. Éventuellement, son savoir caricatural se limite (pour la partie francophone) à la ville de Montréal. Quant à Saint-Pierre & Miquelon… Sait-il qu’en dehors des phoques et des morues, des citoyens français y vivent. Ils ont fait le Choix de la France et de Saint-Pierre & Miquelon à de nombreuses reprises, lors du Grand Dérangement, lors de la rétrocession des îles en 1816, durant la Grande Guerre quand un quart du contingent mourait pour la Patrie, le 24 Décembre 41 en rejoignant la France Libre. Les pêcheurs français ont également nourri la France et ses colonies avec la Morue.
    À mon sens ses propos sont le reflet d’une « constipation » intellectuelle de certains « penseurs » qui voient l’histoire coloniale française dans sa globalité. Son incompétence sur le sujet lui fait simplifier une problématique complexe (c’est Grave pour quelqu’un de son envergure intellectuelle) et il ignore de ce fait plusieurs données incontournables :
    - La réalité Culturelle, Sociale et Historique locale (SPM est francophone et français dans un environnement anglophone)
    - Le droit des Peuples à disposer d’eux-même (les Saint-Pierrais & Miquelonnais ont montré leur choix clair à plusieurs reprises)
    - Si les Canadiens veulent récupérer notre Territoire, ils ne s’encombreront pas de ses habitants. Cette fois, pas de déportations massives, mais une asphyxie économique organisée qui contraindra les Français d’Ici (là-bas pour AA) à partir.
    Ce ne sera finalement qu’une nouvelle épuration culturelle.
    Quant à intégrer SPM au Québec… Belle rigolade ! Comment veux-t’il qu’à 2000 km de distance, 6000 Saint-Pierrais et Miquelonnais soient mieux considérés par les décideurs Québécois qu’ils ne l’ont été par les gouvernants français.
    Défenseur de l’État d’Israël, on attendrait plutôt qu’à défaut de défendre notre archipel il manifeste au moins une certaine compréhension (sinon d’empathie) pour les populations attachées au droit à vivre sur la Terre et dans le cadre politique et national qu’ils ont choisi. Visiblement son engagement Atlantiste et néo-conservateur est beaucoup plus fort que son Humanisme.
    En espérant que Monsieur Adler travaillera plus sérieusement les sujets sur lesquels il s’exprimera.
    « 

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